- Méropi Anastassiadou-Dumont, chargée de recherche au CNRS
Patrimoines, identités culturelles et mémoires collectives en Grèce et en Turquie (XIXe-XXIe siècle)
2e et 4e mercredis du mois de 13 h à 15 h (salle 6, 105 bd Raspail 75006 Paris) , du 14 novembre 2007 au 14 mai 2008, la séance du 13 février est avancée au 6 février (même heure, même salle)
En poursuivant la thématique de l’année 2006-2007, il s’agira d’étudier le rapport entre patrimoines (matériel et immatériel), mémoire(s) collective(s) et formation/affirmation des identités culturelles. Sera notamment envisagé le cas des différentes communautés chrétiennes orthodoxes de Turquie (grécophones, turcophones, arabophones…) et, pour la Grèce, en miroir, celui des communautés musulmanes. Le séminaire portera plus particulièrement sur les modes de préservation de biens patrimoniaux essentiels pour la mémoire collective des groupes concernés ainsi que sur la législation en vigueur sur les minorités linguistiques, ethniques ou confessionnelles dans les deux pays. Chemin faisant seront présentés quelques travaux récents sur le fait minoritaire dans cette région.
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- Bosko Bojovic, professeur associé à l'EHESS
Mémoires croisées, restructuration et historiographie du sud-est européen
Mardi de 17 h à 19 h (salle des artistes, 96 bd Raspail 75006 Paris) , du 6 novembre 2007 au 22 janvier 2008
La réception croisée d’un patrimoine historique et culturel, avec des concepts importés et instrumentalisés par des approches autarciques et ethnocentriques, les dévoiements de l’historiographie, y compris dans l’enseignement scolaire et universitaire, forment un contexte de déficience d’introspection critique. Le dépassement du manque de compatibilité de ces mémoires entrelacés, y compris dans les cultures et historiographies antagonistes, est une question du plus grand intérêt pour l’avenir des pays en voie de restructuration et d’intégration. De discontinuité en reconstruction, de réécriture en dogmatisation, de la réinterprétation à une approche critique trop souvent déficiente, le poids de l’histoire est le corollaire des contradictions structurelles et identitaires dans cette partie d’Europe partagée entre transitions et anachronismes, globalisation et déchirements, démocratisation et déstructuration. Que ce soit du domaine académique, éducatif, ou folklorique, les mémoires et les historiographies y demeurent irréductiblement ethnocentriques, elles peuvent paraître inextricables et réfractaires à une analyse diachronique en termes de sciences sociales. Seule une approche à la fois polycentrique et synthétique pourra désamorcer leurs clivages exclusifs en faveur d’une méthodologie de désenclavement critique.
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- Bosko Bojovic, professeur associé à l'EHESS
Pouvoirs et représentations dans le patrimoine culturel du sud-est européen
Mardi de 15 h à 17 h (salle 3, 105 bd Raspail 75006 Paris) , du 5 février 2008 au 27 mai 2008
Les pouvoirs et les élites ont longtemps monopolisé la mémoire et généré les représentations collectives sur la longue durée. Constitutives de la cohésion sociale, les idéologies issues de ces milieux ont assumé un rôle structurant eu égard à la mémoire des collectivités historiques. La discontinuité et la restructuration des institutions du pouvoir dans le sud-est européen ont mis en exergue cette mémoire à la faveur de l’ethno-romantisme ambiant. C’est pourquoi l’étude des institutions et de la légitimation des représentations du pouvoir, à la source de leur gestation, est un moyen pertinent pour désamorcer leurs héritages stéréotypés. Ce séminaire s’articule autour d’une construction d’histoire comparé de discours et de comportements au sein des institutions séculières et religieuses, ainsi que de leurs pratiques culturelles et sociales. La première partie du séminaire portera sur des questions de méthodes, l’interaction entre événement et écriture, ainsi que sur une présentation bibliographique. En confrontant les sources écrites, normatives, narratives et autres, la majeure partie du séminaire portera sur l’analyse critique de cette documentation.
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- André Bourgeot, directeur de recherche au CNRS, Jean-François Gossiaux, directeur d'études à l'EHESS, Boris Pétric, chargé de recherche au CNRS
Espaces, pouvoirs et ressources
2e et 4e lundis du mois de 15 h à 17 h (salle 2, 105 bd Raspail 75006 Paris) , du 12 novembre 2007 au 23 juin 2008
Par delà les grands récits explicatifs (la « mondialisation », la « transition »…), nous partirons d’un certain nombre de constats de terrain qui amèneront à examiner à nouveau frais les thématiques classiques du global et du local, de l’articulation des espaces et des pouvoirs, et de l’appropriation des ressources. Avec l’épuisement (relatif) de la forme État-nation, les logiques de l’ethnicité qui la sous-tendaient sont-elles encore susceptibles d’être mises en œuvre par les organisations internationales aussi bien que par les acteurs locaux ? Dans quelle mesure les réalités locales participent-elles d’un système englobant et dans quelle mesure constituent-elles en elles-mêmes un système autonome ? Comment une logique dominante (par exemple celle des ONG) est-elle localement appropriée, détournée ou inversée ?
La comparaison se fondera sur des exemples situés en ex-Union soviétique (Asie centrale, Sibérie), Europe du sud-est et Afrique sub-saharienne.
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- Nathalie Clayer, directrice de recherche au CNRS, Bernard Lory, maître de conférences à l'INALCO
Les sociétés balkaniques de l’Empire ottoman aux États-nations. Religion, pouvoir et construction étatique
1er et 3e lundis du mois de 17 h à 19 h (salle 830, 54 bd Raspail 75006 Paris) , du 5 novembre 2007 au 19 mai 2008
Il s’agira de poursuivre l’étude des relations entre religion, pouvoir et construction étatique dans différentes régions du Sud-Est européen aux XIXe et XXe siècles. Pour cela, on se penchera sur diverses questions : les statuts, la structuration et le fonctionnement des institutions religieuses ; leurs modes de réformes et de « nationalisation », les acteurs impliqués dans ces processus. Plus généralement, on analysera la relation entre champ religieux et champ politique. Dans cette perspective, le niveau national et le niveau local seront pris en compte, tout comme divers domaines (politique, éducatif, caritatif, etc.).
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- Georges Drettas, chargé de recherche au CNRS
Anthropologie linguistique des Balkans
Mercredi de 11 h à 13 h (salle 3, 105 bd Raspail 75006 Paris) , du 5 mars 2008 au 4 juin 2008
Depuis les moments de conscience que représentent comme des symptômes le fameux article de Jernej Kopitar, en 1829, le livre fondamental de K. Sandfeld en 1930 ou la suite des travaux menés en URSS puis dans les démocraties populaires, l'espace balkanique a servi de paradigme empirique à la notion d'aire de convergence typologique. Si, depuis quelques années, cette dernière approche de l'entreprise comparative connaît à juste titre un intérêt certain, il semble fécond d’examiner en détail les données qui en alimentent la pratique. Nous nous proposons de porter notre attention sur la question des pratiques langagières liées aux pratiques religieuses, en tant qu’elles déterminent aussi bien dans le système ottoman que dans les états nationaux qui en sont issus des configurations complexes du rapport oral/écrit considéré comme un élément essentiel des processus de modernisation.
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- Constant Hamès, chargé de recherche au CNRS, Alexandre Popovic, directeur de recherche émérite au CNRS
Histoire moderne et contemporaine des musulmans balkaniques
1er, 3e et 5e jeudis du mois de 18 h à 20 h (IISMM, salle de réunion, 1er étage, 96 bd Raspail 75006 Paris) , du 15 novembre 2007 au 29 mai 2008
La magie chez les musulmans balkaniques à la fin du XIXe et au XXe siècle à partir des publication de spécialistes locaux (en particulier celles de G. Elezovic), et comparaison avec la magie chez les non musulmans des Balkans et chez les musulmans d'autres régions du monde (suite).
Réflexions théoriques sur la magie à partir de matériaux ethnographiques comparés, balkaniques et autres.
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- Konstantinos Kostis, directeur d'études à l'EHESS
Violence et formation d'État dans le Sud-Est européen : le cas grec, XIXe-XXe siècles
Mardi de 17 h à 19 h (salle 505, 54 bd Raspail 75006 Paris) , du 13 novembre 2007 au 10 juin 2008
Violence institutionnalisée et violence anomique, violence collective et violence individuelle. Sous toutes ces formes, le phénomène de la violence s’insère, s’il ne le domine pas, dans le processus de la formation des états, il le définit et en même temps il se transforme pour s’adapter aux mécanismes étatiques qui essaient de le monopoliser ou de l’institutionnaliser. Suivant cette perspective, le but, donc, du séminaire est d’examiner les moyens par lesquels les États du Sud-est — européen, et plus particulièrement l’État grec ont affronté le problème de la violence, ils l’ont intériorisé ; ou dans d’autres cas ils ont essayé de l’exporter ou d’en profiter. Banditisme, émeutes, révoltes, coup d’état militaires, guerres civiles, guerres entre formations étatiques etc. ; en commençant par les Guerres de l’Indépendance, tous représentent des aspects plus ou moins critiques dans l’histoire de ces états, qui ont finalement déterminé leur formation. Car c’est par le biais de la création des mécanismes étatiques pour s’approprier la violence et des sensibilités sociales à son égard, propres à chaque cas que les États prennent leur forme particulière.
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- Dan Muresan, Post-doc
Les visions des vaincus. Le déclin de l’Empire byzantin et l’essor de l’Empire ottoman dans l’historiographie grecque du XVe siècle.
Mardi de 11 h à 13 h (salle 10, 105 bd Raspail 75006 Paris) , du 4 mars 2008 au 3 juin 2008
La perspective byzantine sur l’essor de l’Empire ottoman a longtemps façonné la représentation des « Turcs » dans l’imaginaire européen. Cependant, ces histoires n’ont été perçues que comme des sources, dans lesquelles l’érudition positiviste puisait les éléments de son analyse. L’étude plus poussée des auteurs, des contextes et de l’auditoire nous révèle que Ducas, Sphrantzès, Chalcocondyle et Critobule incarnent toutes les attitudes possibles des vaincus devant leur conquérant. Le corpus analysé sera enrichi de deux autres auteurs : Jean Chortasmenos, qui a écrit une Chronique de l’expansion ottomane conservée en version slavonne, et Théodore Spandugino Cantacuzène, auteur d’une Histoire ottomane dédiée au roi Henri II de France. Nous parviendrons à une image globale de la grande transformation qui affecta au XVe siècle le Sud-est européen, restituée néanmoins avec les concepts spécifiques de l’époque.
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- Paolo Odorico, directeur d'études à l'EHESS
Les textes et leur message
Lundi de 11 h à 13 h (salle 3, 105 bd Raspail 75006 Paris) , du 12 novembre 2007 au 9 juin 2008
Dans la recherche byzantine, deux attitudes ont prévalu jusqu’à ces dernières années : d’un côté les historiens ont essayé de reconstruire les caractères de la société et les évènements en partant des sources, sans prendre en compte leur portée littéraire, de l’autre les philologues se sont consacrés surtout à l’étude des caractères formels des textes, en oubliant leur portée historique. La mouvance la plus récente de la byzantinologie essaie de dépasser ces deux attitudes. Nous tenterons de découvrir le sens de chaque ouvrage en en considérant la lecture immédiate, abordant les textes qui ont accompagné la naissance de l’iconoclasme, à partir des Patria Constantinoupoleos. Trois intervenants présenteront « L’imagination narrative à Byzance : le cas du XIIe siècle » (I. Nilsson), « L’historiographie byzantine à l’époque de la dynastie macédonienne » (A. Markopoulos), « Le règne de Théophile chez Théophanès Continuatus : le récit et l’histoire » (J. Signès Codoñer).
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- Yannis Tsiomis, directeur d'études à l'EHESS
État-nation et villes capitales. Idéologies et pratiques du néoclassicisme au XIXe Siècle. Athènes, Berlin, Munich, Paris.
1er et 3e mercredis du mois de 18 h à 20 h (salle 215, 54 bd Raspail 75006 Paris) , du 21 novembre 2007 au 4 juin 2008
Le séminaire étudie les questions du néoclassicisme et du modernisme à travers le rapport entre le concept d'État-nation et la fondation des villes capitales au XIXe et XXe siècles. Si la problématique est construite à partir du cas d'Athènes, capitale de l'état néohellénique, une démarche comparative nous permettra d'explorer les similitudes et différences des projets urbains et discours, avec des capitales comme Washington, Ankara, Brasilia. Les discours politiques, architecturaux, urbanistiques seront étudiés en rapport avec la référence au modèle politique, architectural et urbain grec et/ou romain. Les positions de Rousseau, Diderot, Fichte etc. mais aussi, au niveau de l'art (Winckelmann, Quatremère de Quincy) seront visitées ainsi que les approches interprétatives du XXe siècle sur le néoclassicisme. (Kaufmann, Pommier, Choulliet, Rabreau, Pariset, Praz, Honour, Norberg-Schulz, Rykwert, Hitschkok, Pérouse de Montclos, Hederer, Collins, Vidler etc.).
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