
Un panda en peluche pendu à l'étage d'une maison en construction. La photographie a été prise par mes soins en août 2007 à Korça (Albanie). Elle pose très bien la question de la coexistence entre croyance et incroyance. Lors de mon premier séjour en Albanie, en 2004, j'avais remarqué la présence, sur certaines maisons de Tirana, de peluches ou de poupées accrochées à une fenêtre ou à un balcon. Ne disposant pas encore de la clé d'interprétation, je n'y voyais alors que des jeux d'enfants, même si je m'étonnais du manque de réaction des parents laissant traîner négligemment ces jouets recouverts rapidement de la poussière des rues. D'ailleurs, personne dans mon entourage albanais ne s'étonnait de ce laisser-aller. Ils pouvaient passer plusieurs fois par jour devant sans vraiment s'en soucier, sans réagir. C'est un peu plus tard que j'appris la signification, ou plutôt devrais-je dire, l'utilité de cette pratique. Il s'agit en réalité de protéger la maison contre le mauvais oeil. La poupée ou la peluche, par la curiosité qu'elle inspire, détourne le regard du porteur du mauvais oeil vers elle, préservant par ce biais la maison. J'ai commenté sur le blog Paris-Tirana un article de Kristin Peterson-Bidoshi à ce sujet et je vous y reporte pour plus de détails.
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