
Jean-Paul Martineaud a publié en 2007 chez L'Harmattan l'adaptation française des mémoires de Shefqet Ndroqi sous le titre Une vie au service de la vie. Mémoires d'un médecin albanais (1914-1997).
Pendant environ 130 pages, on y suit l'itinéraire de Shefqet Ndroqi, fils d'un maire de Tirana, qui quitte l'Albanie à la fin des années 30 pour suivre des études de médecine en France (Tours, Toulouse puis Paris). Au commencement du conflit mondial, on le retrouve à l'hôpital de Fontainebleau avant qu'il ne prenne la décision de retourner dans son pays. Arrivé à Tirana en 1942, il rentre rapidement dans la résistance mais pas aux côtés des partisans communistes. Bien que son engagement dans le Mouvement pour la Légalité le classe parmi les mauvaises biographies (voir au sujet des biographies à l'époque communiste, l'article de Gilles de Rapper), son savoir de médecin et sa spécialisation dans le traitement de la tuberculose lui permettent de faire carrière après 1945. Outre son parcours personnel, Shefqet Ndroqi nous présente ici une histoire de la médecine en Albanie vue de l'intérieur. On y comprend les difficultés à mettre en place les structures nécessaires aux soins de la population (difficultés dues essentiellement au manque de moyens financiers du petit Etat albanais), on y suit les étapes du progrès (premier appareil de radiographie importé seulement en 1957), l'arrivée progressive des différents traitements et méthodes de dépistage, la recherche scientifique, les relations avec les scientifiques étrangers. La lecture de ce livre apparaît vite indispensable à qui s'intéresse au monde de la médecine dans les anciens pays communistes.
L'auteur dresse aussi le portrait de la vie de famille en Albanie sous le communisme. On est frappé encore de l'impossibilité d'échapper au contrôle de la biographie. Si peu de reproches (il y en a quand même) lui sont fait, étant donné son utilité, ce sont en fin de compte ses enfants qui ont eu à subir les conséquences de cette mauvaise biographie, entachée par son engagement auprès du Mouvement pour la Légalité pendant la Seconde Guerre Mondiale. Enfin, l'auteur, fils d'un hodja, livre quelques pensées sur la religion et mentionne son rôle dans la reconstruction de la communauté musulmane après la fin de la dictature.
Pendant environ 130 pages, on y suit l'itinéraire de Shefqet Ndroqi, fils d'un maire de Tirana, qui quitte l'Albanie à la fin des années 30 pour suivre des études de médecine en France (Tours, Toulouse puis Paris). Au commencement du conflit mondial, on le retrouve à l'hôpital de Fontainebleau avant qu'il ne prenne la décision de retourner dans son pays. Arrivé à Tirana en 1942, il rentre rapidement dans la résistance mais pas aux côtés des partisans communistes. Bien que son engagement dans le Mouvement pour la Légalité le classe parmi les mauvaises biographies (voir au sujet des biographies à l'époque communiste, l'article de Gilles de Rapper), son savoir de médecin et sa spécialisation dans le traitement de la tuberculose lui permettent de faire carrière après 1945. Outre son parcours personnel, Shefqet Ndroqi nous présente ici une histoire de la médecine en Albanie vue de l'intérieur. On y comprend les difficultés à mettre en place les structures nécessaires aux soins de la population (difficultés dues essentiellement au manque de moyens financiers du petit Etat albanais), on y suit les étapes du progrès (premier appareil de radiographie importé seulement en 1957), l'arrivée progressive des différents traitements et méthodes de dépistage, la recherche scientifique, les relations avec les scientifiques étrangers. La lecture de ce livre apparaît vite indispensable à qui s'intéresse au monde de la médecine dans les anciens pays communistes.
L'auteur dresse aussi le portrait de la vie de famille en Albanie sous le communisme. On est frappé encore de l'impossibilité d'échapper au contrôle de la biographie. Si peu de reproches (il y en a quand même) lui sont fait, étant donné son utilité, ce sont en fin de compte ses enfants qui ont eu à subir les conséquences de cette mauvaise biographie, entachée par son engagement auprès du Mouvement pour la Légalité pendant la Seconde Guerre Mondiale. Enfin, l'auteur, fils d'un hodja, livre quelques pensées sur la religion et mentionne son rôle dans la reconstruction de la communauté musulmane après la fin de la dictature.
- Shefqet NDROQI, Une vie au service de la vie. Mémoires d'un médecin Albanais (1914-1997), adapté et présenté par Jean-Paul Martineaud, Paris, L'Harmattan, 2007, 138 p.
