Comme je vous l'avais expliqué précédemment, le nouveau système électoral albanais, proportionnel par zone, rend la tâche difficile pour les petits partis politiques. Aussi voit-on se dessiner des regroupements pour tenter de contrer ce qui ressemble à une mise à mort des petits partis albanais.
C'est la droite au pouvoir qui a réagi en premier. Tout d'abord, le Parti Démocrate Chrétien (PDK) essaie de sortir du tunnel, dans lequel il s'était enfoncé, en créant un deuxième front à droite. Le PDK avait pourtant connu une forte croissance de son influence dans les premières années du mandat de Berisha. Nard Ndoka, ayant pris la présidence du parti au médiatique Nikollë Lesi, il renforça le PDK en y attirant plusieurs députés venus d'autres formations, permettant la mise en place d'un groupe démocrate-chrétien (de 8 députés) au Parlement alors que le PDK n'avait pu obtenir que deux élus lors du scrutin de 2005. Nard Ndoka parvint, suite à une avancée lors des élections locales de 2007, à obtenir également deux postes importants au gouvernement : celui de la Santé et celui des Transports. Cependant, l'arrestation du secrétaire d'Etat aux transports et de ses principaux collaborateurs en septembre 2007 a provoqué l'implosion du PDK. Des leaders historiques comme Zef Bushati ou Nikollë Lesi menèrent alors une rebellion contre Nard Ndoka. N. Lesi choisit alors de créer un nouveau parti, le Mouvement Démocrate Chrétien (LDK) tandis que Z. Bushati et Anton Gurakuqi organisèrent un congrès pour destituer Nard Ndoka et "nettoyer" la tête du parti jugée corrompue. L'imbroglio s'accèléra avec la coexistence de deux PDK parallèles, tous les deux représentés au sein du gouvernement (Ndoka à la Santé, Bushati aux Affaires européennes et Gurakuqi aux Affaires étrangères) mais ne se reconnaissant pas mutuellement. Les procès entre les deux camps qui ont pour l'instant donné raison à Ndoka et l'exclusion de ce dernier du gouvernement pendant l'été 2008 ont considérablement affaibli le PDK qui ne semble de fait plus en mesure d'obtenir des députés puisqu'il devait ses élus à son alliance avec le Parti Démocratique (PD) de Sali Berisha. Aussi, Nard Ndoka a-t-il pris la tête d'un "Pôle de la Liberté" pour tenter de contrer l'actuel premier ministre sur sa droite, l'accusant d'être trop centriste dans sa politique. Un comble quand on sait que le PDK s'est, depuis sa création en 1991, toujours positionné au centre-droit, mais on sait également que les étiquettes dans la politique albanaise ne sont que des étiquettes... Le "Pôle de la Liberté" rassemble finalement des partis hétéroclites : le PDK, le Parti de la Légalité, monarchiste, de Leka Zogu, le Mouvement pour la reconstruction nationale (LZHK) de Dashanir Shehu qui a l'habitude de s'allier avec les monarchistes et l'association des anciens prisonniers politiques. Tout ceci rappelle fortement l'ancienne "Ligue de droite" de 1994 qui s'était soldée par un cuisant échec. Certains analystes ont vu dans ce pôle un coup dur pour le camp de Berisha. J'y vois pour ma part une tentative désespérée d'échapper à l'étau du nouveau système électoral. Il y a fort à parier que ce pôle de la Liberté ne parviendra pas à réunir suffisamment de voix pour obtenir des sièges au Parlement, ne serait-ce qu'un seul. En effet, comme d'habitude, c'est l'alliance avec le PD de Berisha qui paraît la plus prometteuse car celui-ci dispose d'un solide réseau de militants qui est inexistant pour les petits partis et dont ceux-ci ont bénéficié dans le passé. Le Parti Républicain, fidèle à ses pratiques, a été le premier à signer une alliance avec le PD, espérant quelques sièges suffisants pour avoir son propre groupe au Parlement. Plus surprenant a été l'annonce d'un accord entre le PD et le Parti de l'Alliance Démocratique (PAD) de Neritan Ceka qui s'est toujours positionné au centre, voire au centre-gauche, et qui avait présenté un candidat (N. Ceka lui-même) contre Bamir Topi (PD) lors de l'élection présidentielle. On peut s'interroger d'ailleurs sur la viabilité de cette alliance puisque huit membres de la direction du PAD ont démissionné pour manifester leur désaccord. De fait, cette déaffection pourrait marquer la fin du PAD. D'autant que l'alliance avec le PD semble laisser finalement peu de marge de manoeuvre pour la suite aux petits partis, condamnés à l'allégeance s'ils ne veulent pas disparaître. Peut-être même qu'à terme, le PD pourrait phagocyter ses alliés pour ne laisser exister qu'un seul grand parti de droite.
A gauche, si le Parti Socialiste et le Parti Social-Démocrate ont fait alliance, le Mouvement Socialiste pour l'Intégration (LSI) d'Illir Meta ne semble toujours pas prêt à rejoindre un front de gauche uni. Au contraire, pour l'instant, sa campagne est axée à la fois contre Edi Rama (PS) et Sali Berisha. Cependant, la multiplication des démissions de leaders locaux du LSI et leurs ralliements au PS pourraient changer la donne dans les mois qui viennent. L'inconnue à gauche reste encore l'attitude qui sera adoptée par les deux mouvements "contestataires", Mjaft et surtout G99, créé par l'ancien président de Mjaft Erion Veliaj et qui vient de se transformer en parti politique.
Les premiers sondages donnés autour du 10 février confirment mon analyse. Deux sondages ont été effectués, avec des résultats contradictoires mais dans un certain sens assez cohérents. Le premier, effectué par la société "Gani Bobi", donne le PD vainqueur avec 48% des voix, le PS second avec 37 % et le LSI troisième avec 6,1 %. Si G99 obtiendrait 2,5 %, tous les autres partis et alliances seraient à moins de 1 %. Le second sondage, réalisé par la société Zogby, donne un résultat différent car il tient compte des indécis (qui sont encore près de 20 %). Le PS réunirait pour l'instant 37 % des voix, le PD 30 %, le LSI 5 % et les petits partis comme le PDK et le PBDNJ (parti de la minorité grecque) moins de 1 %. Si les deux sondages ne sont pas d'accord sur le vainqueur de l'élection (mais les méthodes sont différentes à la fois pour la composition du plannel et la présentation des résultats), on peut noter dès maintenant le très faible score des petits partis qui patiraient donc bien du nouveau système électoral et du non-renouvellement d'une alliance avec le PD. En ce qui concerne les motivations du vote, le sondage de Zogby indique que c'est l'économie qui primera sur le choix des électeurs : Chomâge, économie et pauvreté semblent les préoccupations principales des sondés.
C'est la droite au pouvoir qui a réagi en premier. Tout d'abord, le Parti Démocrate Chrétien (PDK) essaie de sortir du tunnel, dans lequel il s'était enfoncé, en créant un deuxième front à droite. Le PDK avait pourtant connu une forte croissance de son influence dans les premières années du mandat de Berisha. Nard Ndoka, ayant pris la présidence du parti au médiatique Nikollë Lesi, il renforça le PDK en y attirant plusieurs députés venus d'autres formations, permettant la mise en place d'un groupe démocrate-chrétien (de 8 députés) au Parlement alors que le PDK n'avait pu obtenir que deux élus lors du scrutin de 2005. Nard Ndoka parvint, suite à une avancée lors des élections locales de 2007, à obtenir également deux postes importants au gouvernement : celui de la Santé et celui des Transports. Cependant, l'arrestation du secrétaire d'Etat aux transports et de ses principaux collaborateurs en septembre 2007 a provoqué l'implosion du PDK. Des leaders historiques comme Zef Bushati ou Nikollë Lesi menèrent alors une rebellion contre Nard Ndoka. N. Lesi choisit alors de créer un nouveau parti, le Mouvement Démocrate Chrétien (LDK) tandis que Z. Bushati et Anton Gurakuqi organisèrent un congrès pour destituer Nard Ndoka et "nettoyer" la tête du parti jugée corrompue. L'imbroglio s'accèléra avec la coexistence de deux PDK parallèles, tous les deux représentés au sein du gouvernement (Ndoka à la Santé, Bushati aux Affaires européennes et Gurakuqi aux Affaires étrangères) mais ne se reconnaissant pas mutuellement. Les procès entre les deux camps qui ont pour l'instant donné raison à Ndoka et l'exclusion de ce dernier du gouvernement pendant l'été 2008 ont considérablement affaibli le PDK qui ne semble de fait plus en mesure d'obtenir des députés puisqu'il devait ses élus à son alliance avec le Parti Démocratique (PD) de Sali Berisha. Aussi, Nard Ndoka a-t-il pris la tête d'un "Pôle de la Liberté" pour tenter de contrer l'actuel premier ministre sur sa droite, l'accusant d'être trop centriste dans sa politique. Un comble quand on sait que le PDK s'est, depuis sa création en 1991, toujours positionné au centre-droit, mais on sait également que les étiquettes dans la politique albanaise ne sont que des étiquettes... Le "Pôle de la Liberté" rassemble finalement des partis hétéroclites : le PDK, le Parti de la Légalité, monarchiste, de Leka Zogu, le Mouvement pour la reconstruction nationale (LZHK) de Dashanir Shehu qui a l'habitude de s'allier avec les monarchistes et l'association des anciens prisonniers politiques. Tout ceci rappelle fortement l'ancienne "Ligue de droite" de 1994 qui s'était soldée par un cuisant échec. Certains analystes ont vu dans ce pôle un coup dur pour le camp de Berisha. J'y vois pour ma part une tentative désespérée d'échapper à l'étau du nouveau système électoral. Il y a fort à parier que ce pôle de la Liberté ne parviendra pas à réunir suffisamment de voix pour obtenir des sièges au Parlement, ne serait-ce qu'un seul. En effet, comme d'habitude, c'est l'alliance avec le PD de Berisha qui paraît la plus prometteuse car celui-ci dispose d'un solide réseau de militants qui est inexistant pour les petits partis et dont ceux-ci ont bénéficié dans le passé. Le Parti Républicain, fidèle à ses pratiques, a été le premier à signer une alliance avec le PD, espérant quelques sièges suffisants pour avoir son propre groupe au Parlement. Plus surprenant a été l'annonce d'un accord entre le PD et le Parti de l'Alliance Démocratique (PAD) de Neritan Ceka qui s'est toujours positionné au centre, voire au centre-gauche, et qui avait présenté un candidat (N. Ceka lui-même) contre Bamir Topi (PD) lors de l'élection présidentielle. On peut s'interroger d'ailleurs sur la viabilité de cette alliance puisque huit membres de la direction du PAD ont démissionné pour manifester leur désaccord. De fait, cette déaffection pourrait marquer la fin du PAD. D'autant que l'alliance avec le PD semble laisser finalement peu de marge de manoeuvre pour la suite aux petits partis, condamnés à l'allégeance s'ils ne veulent pas disparaître. Peut-être même qu'à terme, le PD pourrait phagocyter ses alliés pour ne laisser exister qu'un seul grand parti de droite.
A gauche, si le Parti Socialiste et le Parti Social-Démocrate ont fait alliance, le Mouvement Socialiste pour l'Intégration (LSI) d'Illir Meta ne semble toujours pas prêt à rejoindre un front de gauche uni. Au contraire, pour l'instant, sa campagne est axée à la fois contre Edi Rama (PS) et Sali Berisha. Cependant, la multiplication des démissions de leaders locaux du LSI et leurs ralliements au PS pourraient changer la donne dans les mois qui viennent. L'inconnue à gauche reste encore l'attitude qui sera adoptée par les deux mouvements "contestataires", Mjaft et surtout G99, créé par l'ancien président de Mjaft Erion Veliaj et qui vient de se transformer en parti politique.
Les premiers sondages donnés autour du 10 février confirment mon analyse. Deux sondages ont été effectués, avec des résultats contradictoires mais dans un certain sens assez cohérents. Le premier, effectué par la société "Gani Bobi", donne le PD vainqueur avec 48% des voix, le PS second avec 37 % et le LSI troisième avec 6,1 %. Si G99 obtiendrait 2,5 %, tous les autres partis et alliances seraient à moins de 1 %. Le second sondage, réalisé par la société Zogby, donne un résultat différent car il tient compte des indécis (qui sont encore près de 20 %). Le PS réunirait pour l'instant 37 % des voix, le PD 30 %, le LSI 5 % et les petits partis comme le PDK et le PBDNJ (parti de la minorité grecque) moins de 1 %. Si les deux sondages ne sont pas d'accord sur le vainqueur de l'élection (mais les méthodes sont différentes à la fois pour la composition du plannel et la présentation des résultats), on peut noter dès maintenant le très faible score des petits partis qui patiraient donc bien du nouveau système électoral et du non-renouvellement d'une alliance avec le PD. En ce qui concerne les motivations du vote, le sondage de Zogby indique que c'est l'économie qui primera sur le choix des électeurs : Chomâge, économie et pauvreté semblent les préoccupations principales des sondés.
